Le NPA tient en ce moment un congrès à hauts risques à Montreuil en Seine Saint Denis.
Lors du vote qui s'est tenu à main levé, le texte d'orientation de la direction (unité anticapitaliste en totale indépendance du PS) a obtenu 146 voix sur les 349 votants, soit environ 41,8%.
Le courant "identitaire", qui refuse toute discussion avec le reste de la gauche, a recueilli 97 voix (27,8%) et les "unitaires", favorable à un rapprochement sous conditions du Front de gauche, 92 voix (26,4%), en repli de quelques points par rapport à la dernière consultation sur les élections régionales. Enfin, la quatrième position, "révolutionnaire" tendance "lambertiste", a atteint un petit 3,7% (13 voix).
Le Conseil politique national (parlement) du NPA sera désigné aujourd'hui, au dernier jour du congrès, à la proportionnelle de ces résultats.
Le NPA a perdu plus d'un tiers de ses militants depuis son congrès de fondation en février 2009 pour atteindre quelque 6.000 adhérents, le congrès qui se tient ce week-end à Montreuil n'ayant pas permis de mobiliser fortement.
Lors des congrès locaux précédant le congrès national (11-13 février), seul 3.550 militants ont participé au vote sur les quelque 4.500 adhérents à jour de cotisation, a dit mardi à l'AFP Pierre-François Grond, membre de la direction du parti, reconnaissant que le NPA a perdu au total "un gros tiers" de ses adhérents, passant de "9.300 à 6.000" personnes.
Comment expliquer la déroute du NPA ?
Le NPA a été incapable de rassembler. Lutte ouvrière et le Parti Ouvrier Indépendant n'ont pas répondu à l'appel d'un "rassemblement anti-capitaliste".
Et pour cause, LO et le POI ont un réel encrage dans le milieu ouvrier ce qui est moins le cas du NPA. Ces deux formations politiques n'ont pas renoncé à leur histoire, à leur culture contrairement au NPA.
En voulant faire table rase du passé avec la dissolution de la LCR au profit de la création du NPA, Olivier Besancenot a commis la même erreur que François Bayrou avec le MODEM et l'UDF. Cette erreur consiste à croire qu'un homme sous son seul nom propre peut incarner quelque chose, oubliant ainsi que la politique n'est pas une aventure individuelle mais collective.
Ensuite, Olivier Besancenot a sous estimé les conséquences du rapprochement entre le Parti Communiste et le Parti de Gauche. Le Front de Gauche (PCF et Parti de Gauche) et Europe Écologie - Les Verts ont siphonné une grande partie de l'électorat de Besancenot séduit par le "rassemblement" de formations politiques qui ont "réussi" à se mettre d'accord et à s'unir.
Pourtant, Europe Écologie - Les Verts et le Front de Gauche ne sont que des satellites du Parti Socialiste. Les dirigeants de ces formations politiques ne visent qu'à capter un place ministre dans un futur gouvernement socialiste. Toutefois, cette réalité ne semble pas repousser l'électorat bien au contraire !
Pierre Mosovici a déclaré à juste titre au sujet de Jean-Luc Mélenchon : "vous avez un type qui se promène partout en disant je suis un populiste, qui explique qu’il faut que tout le monde dégage. Que vous dégagiez, que nous dégagions. On peut pas dire qu’il est nul ? enfin quand même ce sont des arguments très bas, et qui montrent un personnage qui est d’abord attaché à faire perdre son camp à travers un homme. Encore une fois, je dis qu’il est nul, là, mais c’est un homme pour qui j’ai de la sympathie. C’est un homme talentueux, c’est un homme intelligent, il a été un bon ministre extrêmement réformiste. Qu’est ce qu’il était gentil pour Lionel Jospin ! oh là là. Je me souvenais de lui, c’était vraiment un des plus sympas, des plus chaleureux, des plus flatteurs. Hé bien cet homme là aujourd’hui il est dans un rôle. Il se plante et il nous plante."
Enfin, la NPA n'a jamais eu de ligne politique claire à part une critique radicale du capitalisme.
La surmédiatisation d'Olivier Besancenot lui a été fatale. Sans réel projet politique, Oliver Besancenot n'a jamais eu grand chose à dire dans les médias si ce n'est de critiquer (à juste titre) le capitalisme financier mondial et de tenter de reprendre systématiquement à son compte le mouvement social (réforme des retraites). Olivier Besancenot n'est pas Eli Domota !
Mais la simple critique du système ne fait pas ni un programme électoral ni un projet politique !
De plus, Olivier Besancenot est à 100% un pur mondialiste. Sauf que son mondialisme n'est pas capitaliste et financier, son mondialisme est communiste et bureaucratique ce qui conduit à terme aux mêmes dérives que le capitalisme financier mondial. Il suffit de regarder ce qu'est devenue aujourd'hui la République Populaire de Chine pour s'en convaincre.
Le NPA milite en faveur de l'abolition des frontières ouvrant ainsi les portes d'une société de consommation ultra-mondialisée privant les peuples de leurs traditions et transformant chaque individu en un outil servant à produire et à consommer.
Enrichir un système bureaucratique soviétisé ou des banquiers libéraux, au fond quelle différence ? L'abolition des frontières est la porte ouverte vers une société ultra-matérialiste qui prive l'individu d'une vie heureuse en le détournant de l'essentiel.
Enfin, le projet politique du NPA en matière de laïcité n'est absolument pas clair (foulard islamique). Tout individu aspirant à la liberté ne peut se détacher de ce principe fondamental de laïcité, seul protecteur contre la dictature religieuse qu'elle soit islamiste, catholique ou d'ordre sectaire.
Le NPA est plus que jamais dans l'impasse. Aucune alliance avec les autres formations à l'extrême gauche ne semble envisageable. La candidature de Besancenot en 2012 annonce, en l'état, les prémices d'un nouvel échec d'une l'extrême gauche toujours aussi divisée.