vendredi 11 février 2011

Corne de l'Afrique : vers un projet fédéraliste ?

 Les Sud-Soudanais ont voté à 98,83% en faveur de l'indépendance, selon les résultats définitifs du référendum publiés lundi, une annonce saluée par la communauté internationale, ouvrant la voie à la naissance en juillet d'un nouvel État en Afrique.

Les résultats, affichés sur des écrans lors d'une cérémonie à Khartoum, montrent que sur les 3.837.406 votes valides, seulement 44.888, soit 1,17%, étaient en faveur du maintien de l'unité avec le Nord.

Le référendum, qui s'est tenu du 9 au 15 janvier 2011 et dont la communauté internationale a salué la crédibilité, était un élément clé de l'accord de paix qui avait mis fin en 2005 à plus de deux décennies de guerre civile meurtrière entre le Nord, principalement musulman et arabe, et le Sud, majoritairement chrétien et noir.

Selon les termes de l'accord, la séparation effective du Nord et du Sud est attendue le 9 juillet 2011. Nordistes et Sudistes doivent d'ici là se mettre d'accord sur des dossiers sensibles, dont la délimitation des frontières, le partage des revenus du pétrole ou encore le statut de la région contestée d'Abyei.

Ils doivent aussi s'accorder sur le statut des centaines de milliers de Sudistes vivant au Nord et des Nordistes installés au Sud.

Il aura fallu attendre douze années de guerre et deux millions de morts pour obtenir la sécession du Soudan.

Il s'agit d'une nouvelle preuve de l'aspiration des peuples à vivre libres et indépendants sur leurs terres protégées par des frontières.

Aucun peuple n'aspire au "vivre ensemble". Le multiculturalisme n'a jamais fonctionné et ne fonctionnera jamais car il va à l'encontre de l'aspiration naturelle des peuples à l'indépendance et à la liberté. Ce concept démagogique a été inventé par la Françafrique pour se donner un visage humaniste et masquer la réalité de ses pratiques sur le continent africain.

 En Somalie, la région autoproclamée autonome du Puntland, dans le nord-est du pays, a officiellement rompu tout lien le mois dernier avec le gouvernement de transition somalien, et ce jusqu'à la mise en place d'un "gouvernement fédéral légitime". Cette décision a été prise à l'issue d'un conseil des ministres extraordinaire dimanche 16 janvier 2011 à Garowe, la "capitale" du Puntland, selon un communiqué du gouvernement du Puntland.

Le conseil des ministres "proclame que le Puntland ne coopèrera plus avec le TFG (gouvernement de transition somalien) jusqu'à ce qu'un gouvernement fédéral représentatif et légitime soit mis en place avec l'accord des acteurs légitimes en Somalie", annonce le communiqué.

Contrairement au Somaliland voisin, le Puntland, fondé en 1998 par l'ancien président des institutions de transition Abdullahi Yussuf Ahmed, n'a pas fait sécession mais dispose de ses propres institutions et administration (gouvernement, Parlement) installées à Garowe.

Dans son communiqué, le gouvernement du Puntland propose l'organisation rapide d'une conférence de réconciliation nationale et apporte son "soutien" à la nouvelle politique à deux volets des Etats-Unis en Somalie.

Cette nouvelle approche, exposée fin septembre à New York par le secrétaire d'État adjoint aux affaires africaines Johnnie Carson, vise à contrer l'expansion des insurgés islamistes radicaux shebab, qui se réclament d'Al-Qaïda, tout en soutenant le TFG.

Elle met surtout l'accent sur un rôle accru des régions du Puntland et du Somaliland.

"Nous pensons que ces deux régions de la Somalie ont été des zones relativement stables sur le plan politique et civil et nous pensons qu'elles feront effet de rempart contre l'extrémisme et le radicalisme qui pourraient sortir du Sud", avait alors déclaré M. Carson.

Les insurgés shebab contrôlent la majeure partie du sud et du centre de la Somalie et ont juré la perte du gouvernement de transition qui ne contrôle que quelques quartiers de la capitale Mogadiscio, où les combats sont quasi-quotidiens. Le TFG ne doit sa survie qu'à la protection des quelques 8.000 soldats de la force de l'Union africaine Amisom.

En comparaison, le Puntland et le Somaliland jouissent d'une relative stabilité. Le Puntland abrite toutefois la majeure partie des pirates somaliens qui multiplient depuis 2007 les captures de navires contre rançon.

Une chose est certaine, les peuples de la corne de l'Afrique développent peu à peu un projet d'organisation basé sur le principe "d'une terre un peuple". Il faut entendre par l'expression "une terre", non seulement un espace géographique délimité par des frontières mais également un espace de liberté et de démocratie où chaque individu peut s'épanouir dans le respect de ses valeurs traditionnelles, de sa culture et de son histoire.

Cette politique d'indépendance est aux antipodes du projet mondialiste consacrant la société de consommation comme religion qui transforme l'individu en une machine à produire et à consommer.