Bouchouta Fares, un jeune algérien de 27 ans, vient d'être condamné à 2 ans de prison ferme, lundi dernier, pour avoir mangé pendant le jeûne du ramadan fin août 2010.
Monsieur Bouchata s'était isolé avec quelques amis dans un lieu totalement abandonné dans la localité de Ain El Beida.
Les hommes ont été immédiatement dénoncés à la police. Lors de l'arrivée des forces de l'ordre sur place, les hommes ont pris la fuite mais Fares Bouchouta a, quand à lui, été interpellé. Il a été immédiatement placé sous mandat de dépôt et incarcéré.
Cette condamnation judiciaire pour "atteinte à un précepte de l'Islam" marque la radicalisation de l'Etat algérien qui n'est plus dans le simple compromis avec avec les éléments les plus radicaux mais bien dans la complicité.
Une telle décision de justice soulève une multitudes de questions et notamment le positionnement réel de l'Etat algérien vis à vis d'Al-qaida au maghreb islamique (AQMI).
AQMI a fédéré ces dernières années le Groupe Salafiste pour la Prédication et le Combat (GSPC), le Front Islamique du Salut (FIS) et le Groupe Islamique Armé (GIA).
Le mouvement islamiste radical algérien est ainsi peu à peu sorti de son isolement régional pour rejoindre la mouvance internationale. Sa zone d'influence s'est également grandement élargie. AQMI n'est pas un simple mouvement algérien, c'est une organisation qui se revendique compétente sur tout le "maghreb islamique".
Un peuple ne peut pas vivre sous la tutelle d'un autre. C'est un principe fondateur. C'est pourquoi tout principe de colonisation est condamnable.
Mais assimiler la colonisation française en Algérie poste seconde guerre mondiale aux "pires horreurs de l'histoire de l'humanité" est sans aucun doute très exagéré.
Aujourd'hui, pour se faire bien voir, pour être dans la tendance, il faut se repentir sans cesse, cracher sur le passé et insulter l'histoire de France et les Français. C'est tellement plus facile de critiquer le passé plutôt que le présent. C'est tellement plus simple de donner des grandes leçons d'humanisme les yeux tournés sur le passé plutôt que les yeux fixés vers l'avenir.
Critiquer la colonisation française est un droit. Estimer que cette colonisation a été la pire horreur de l'histoire relève de la liberté d'opinion et d'expression. Mais ne rien dire sur la situation actuelle dans laquelle se trouve l'Algérie relève de la lâcheté.
Oui, c'est bien de la lâcheté. Comment peut-on condamner la dictature de la colonisation passée et dans le même temps fermer les yeux sur la dictature religieuse actuelle, celle qui emprisonne, celle qui torture et celle qui tue aveuglement au nom d'un dieu auquel des individus ne veulent pas croire ?
Le peuple algérien a remporté une grande victoire au nom de sa liberté et au nom de sa propre autodétermination à décider lui-même de son destin lorsqu'il a accédé à son indépendance le 18 mars 1962 par la signature des accords d'Evian. Mais aujourd'hui, incontestablement, la dictature de la colonisation a laissé la place à une dictature bien plus terrible encore, celle des fanatiques religieux. Et rien n'arrêtera cette dictature là qui a déjà infiltrée le pouvoir exécutif, législatif et judiciaire. Il ne restera bientôt plus que comme solution, l'exode, pour les individus qui aspirent à vivre autrement.