Depuis plus d'un mois, le collectif Lyannaj kont pwofitasyon (LKP) lutte courageusement contre la vie chère en guadeloupe.
La « pwofitasyon » signifie profits abusifs, exploitation outrancière ou encore goinfrerie.
Y aurait-il dans le monde merveilleux de Sarkozy des personnes 'indélicates' qui se 'goinfreraient' sur le dos de la population locale ?
Pour Elie Domota, Secrétaire Général de l'Union générale des travailleurs de Guadeloupe (UGTG) et porte parole du LKP, les coupables sont les sociétés qui tiennent l'économie insulaire, souvent aux mains de descendants de colons, avec pour conséquence un coût de la vie supérieur d'un tiers à ce qu'il est en métropole.
La bonne vieille Françafrique s'appliquerait-elle également dans les DOM - TOM ?
Les propos tenus sur Canal + par Alain Huyghues-Despointes, un vieux béké martiniquais hostile au métissage par souci de « préserver [sa] race » devraient nous en convaincre.
« Autour de la table des négociations, vous avez des Guadeloupéens d'origine africaine et indienne qui revendiquent face à l'Etat et au patronat qui sont à 99 % des personnes dites blanches [...] Il faudra qu'une frange de ce patronat qui a toujours pensé que la compétence était blanche finisse par admettre que nous ne sommes plus dans l'ex-Afrique du Sud », avertissait le week-end dernier, dans le quotidien France-Antilles , une spécialiste des conflits sociaux insulaires, Patricia Braflan-Trobo.
L'absence de toute référence à la crise guadeloupéenne au cours de la prestation télévisée de Nicolas Sarkozy et les accusations de double langage portées contre Yves Jégo, qui se serait engagé sur les fameux 200 euros ce qu'il a démenti avant de regagner Paris a également choqué la population.
Dans ce contexte, pas étonnant de voir chanté dans les manifestations ou imprimé sur les tee-shirts, le slogan « la Gwadloup sé ta nou, la Gwadloup sé pa ta yo », la Guadeloupe c'est à nous, la Guadeloupe c'est pas à vous.
Face à la dictature imposée par les "puissants", les populations cherchent à faire valoir leur droit à leur propre autodétermination.
Guidés par l'amour démesuré de l'argent et l'appât du gain, ces "puissants" oppriment quotidiennement des populations entières. Le plus gros danger qui guette se système parfaitement rodé est le retour à l'identité des peuples et le droit de chacun à jouir de sa propre autodétermination.
Le LKP, à sa modeste échelle, mène un juste combat, combat mené par des milliers d'autres d'organisations humaines à travers le monde qui aspirent elles aussi au droit à l'autodétermination et au respect de leur identité.
Que dire d'une société où des individus sont obligés de faire la "mendicité" pour ne pas dire le "tapin" auprès des politiques pour obtenir 200 euros de plus par mois alors que cette somme représente à peine le prix de la bouteille de champagne de Sarkozy au Fouquet's ?