"Ma conscience ne peut pas accepter que l'on reste indifférent et que l'on nie la "grande catastrophe" subie par les Arméniens ottomans en 1915, dit le texte d'introduction. Je rejette cette injustice et, pour ma part, je partage les sentiments et les peines de mes frères et soeurs arméniens. Je leur demande pardon."
Ces excuses adressées aux victimes du génocide de 1915 ont été formulées par quatre intellectuels issus de la gauche turque : l'économiste Ahmet Insel, le professeur de sciences politiques Baskin Oran, le spécialiste des questions européennes, Cengiz Aktar, et le chroniqueur, Ali Bayramoglu.
Plus de 13 000 Turcs ont signé la pétition lancée le lundi 15 décembre 2008 sur Internet.
Le mot génocide n'apparaît toutefois pas, la pétition préféré plutôt parler de "grande catastrophe".
"Une blague", selon Ertugrul Özkök, le rédacteur en chef du quotidien nationaliste Hürriyet, voire "un acte de trahison", pour la députée du Parti républicain du peuple (CHP, kémaliste), Canan Aritman.
Une soixantaine de diplomates à la retraite ont estimé quand à eux qu'il s'agissait d'une initiative "inacceptable, fausse et défavorable aux intérêts de la nation. Une telle tentative, incorrecte et partiale est irrespectueuse pour notre histoire et revient à trahir notre peuple".
Pour le député du Parti de l'action nationaliste (MHP), Deniz Bölükbasi "si quelqu'un doit s'excuser, ce sont les intellectuels et les Arméniens. Ils devraient s'excuser pour les atrocités dont ont souffert des milliers d'Anatoliens".
Le premier ministre, Recep Tayyip Erdogan, est aussi virulent. "Je ne l'accepte pas, je ne la soutiens pas. Nous n'avons commis aucun crime, donc nous n'avons pas besoin de nous excuser", a-t-il riposté, mercredi.
93 ans après le génocide arménien la question est loin d'être réglée.
Ce génocide est l'un des symboles de la cruauté à laquelle l'homme est capable de se livrer.
La négation des différences entres les peuples. Le refus d'acceptation de la culture et des traditions des peuples. Le non respect des frontières naturelles à l'intérieur desquelles un peuple a le droit d'exister librement. La violation de la souveraineté des peuples. L'empêchement à l'autodétermination des peuples. La volonté de constituer un monde "sans frontière".
Tels sont les ingrédients poussant l'homme à accomplir les pires horreurs.
"Chaque peuple, chaque ethnie, quelque soit sa culture, ses traditions, sa langue, ses croyances a le droit de posséder sa propre terre protégée par des frontières inviolables", il s'agit ici d'un concept fondamental.
Un monde sans frontière dans lequel une poignée de "puissants" déciderait au nom et pour le compte de 7 milliards d'individus est la pire des sociétés que l'homme pourrait dessiner.
Seul le respect de la spécificité des groupes d'individus vivant sur leurs terres et dans leurs frontières à micro-échelle peut permettre une libre coopération entre les peuples et ainsi éviter les catastrophes de toutes sortes (violences entre peuples, violences interethniques...).
Force est de constater que le monde voulu de nos jours par 'les puissants' est aux antipodes de ce principe fondamental.
7 milliards d'individus dépourvus de tout esprit critique produisant et consommant dans le seul but d'enrichir toujours plus ces 'puissants' dans un monde sans frontière, sans culture et sans tradition où les peuples ne seraient plus qu'une main d'oeuvre bon marché, telle est la merveilleuse société à laquelle plus d'un aspire de leurs voeux.
De nombres frontières ont été tracées en fonction des intérêts des plus riches. Ces frontières ne correspondent pas aux territoires occupés historiquement pas les peuples souvent séparés par ces lignes artificielles.
Le redécoupage des frontières dans le stricte respect du droit à l'existence de chaque peuple quel qu'il soit sur sont territoire est indispensable pour permettre à 7 milliards d'individus de coexister en paix.