Cette opération vise à mettre fin aux tirs de roquettes sur le sud du pays depuis la bande de Gaza, contrôlée par le mouvement islamiste Hamas.
Le porte-parole du Hamas, Fawzi Barhoum, a accusé Israël de "commettre un holocauste au vu et au su du monde entier, qui n'a pas bougé le petit doigt". La "résistance palestinienne se réserve le droit de riposter à cette agression par des opérations de martyre", c'est-à-dire des attentats suicide, a-t-il affirmé.
Au total, une vingtaine de roquettes ont été tirées dimanche depuis la bande de Gaza sur le sud d'Israël. L'une d'elles, de type Grad, a atteint pour la première fois Gan Yavné, près du port d'Ashdod, à plus de 30 kilomètres au nord de Gaza, selon les secours israéliens.
Israël a mobilisé 6.500 réservistes. L'armée israélienne "élargira et approfondira ses opérations à Gaza autant que nécessaire", a averti le ministre de la Défense Ehud Barak. "Cela ne sera pas de courte durée et ne sera pas facile". Israël a commencé à masser des chars et des troupes à la lisière de la bande de Gaza. L'aviation a dans le même temps poursuivi ses raids contre ce territoire, visant notamment le "Saraya", un complexe abritant la principale prison de Gaza et un quartier général des services de sécurité du Hamas, et en soirée des ateliers de fabrication de roquettes.
Dans l'après-midi, l'aviation a dit avoir mené des raids contre "40 tunnels" de contrebande dans le secteur de Rafah à la frontière du territoire avec l'Egypte. Ces souterrains permettent au Hamas d'introduire des armes dans la bande de Gaza, soumise à un blocus israélien.
De l'autre côté de la frontière, la police égyptienne a tiré des coups de feu en l'air pour empêcher des dizaines de Palestiniens d'entrer en Egypte au nord du terminal de Rafah. Le Caire a déployé de nouveaux renforts dans ce secteur.
En soirée, un policier égyptien a été tué par balle et un autre blessé à Rafah par des tirs en provenance de la bande de Gaza, selon les services de sécurité égyptiens et des sources médicales, qui ignoraient qui était à l'origine de ces tirs.
Le mouvement islamiste qui a accusé l'Egypte de complot avec Israël, a réclamé dimanche l'ouverture permanente du terminal de Rafah.
Le secrétaire général du parti chiite libanais Hezbollah, Hassan Nasrallah, a appelé le peuple égyptien à descendre "par millions" dans la rue pour forcer l'ouverture de Rafah. "La police égyptienne peut-elle tuer des millions d'Egyptiens? Peuple d'Egypte, vous devez ouvrir le terminal de Rafah avec la force de vos corps", a déclaré le chef d'un mouvement auréolé dans la rue arabe du prestige lié à ses succès contre l'armée israélienne lors de la guerre de 2006 au Liban.
La Syrie a estimé que ses négociations indirectes de paix avec Israël, lancées en mai par l'intermédiaire de la Turquie, ne pourraient pas se poursuivre.
Selon l'armée israélienne, environ 230 cibles du Hamas ont été visées en 24 heures à Gaza. Un porte-parole du gouvernement israélien a affirmé que "97%" des victimes des raids appartenaient au Hamas.
A Jérusalem, lors du conseil des ministres hebdomadaire, le Premier ministre Ehoud Olmert a prédit que les combats à Gaza seraient "longs, douloureux et difficiles", expliquant que l'offensive était "susceptible de durer plus longtemps que ce que nous entrevoyons à l'heure actuelle". Il a averti ses ministres que l'Etat hébreu devrait résister à des pressions internationales.
La ministre israélienne des Affaires étrangères Tzipi Livni a déclaré sur NBC que l'Etat hébreu avait lancé cette offensive parce que le Hamas faisait de la contrebande d'armes et formait "une petite armée". "Notre but n'est pas de réoccuper la Bande de Gaza", a-t-elle toutefois ajouté.
A New York, le conseil de sécurité de l'ONU, réuni en urgence, a appelé Israéliens et Palestiniens à "cesser immédiatement toutes les violences" et "les activités militaires" dans la Bande de Gaza. Le communiqué souligne la nécessité de rétablir une trêve entre l'Etat hébreu et le Hamas. Il demande aussi l'ouverture des points de passage "pour répondre aux besoins économiques et humanitaires graves dans la Bande de Gaza", et assurer un acheminement continu de nourriture, de carburant et de médicaments.
Nicolas Sarkozy condamne l'attaque israélienne
Dans un communiqué, le chef de l'Etat, Nicolas Sarkozy "exprime sa plus vive préoccupation devant l'escalade de la violence dans le sud d'Israël et dans la bande de Gaza". S'il condamne les agissements terroristes palestiniens "qui ont conduit à cette situation", il juge la réaction israélienne "disproportionnée". Le président français réclame en outre "l'arrêt immédiat des tirs de roquettes sur Israël ainsi que des bombardements israéliens sur Gaza, et il appelle les parties à la retenue".
L'Elysée a fait savoir dimanche que Nicolas Sarkozy s'était entretenu avec le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas.
Pourtant, les activistes palestiniens ont tiré plus de 300 roquettes et obus de mortiers sur le territoire israélien la semaine dernière, et dix fois plus durant l'année 2008.
Force est de constater qu'Israël agit en état de légitime défense.
La liberté des israéliens est menacée par les actions terroristes du Hamas.
Dans le cadre de la défense de ses libertés en état de légitime défense, Israël est bien fondé à faire usage de la force.