mercredi 12 novembre 2008

Haïti pleure 100 de ses enfants

Cinq jours après l'effondrement d'une école à Pétionville dans la périphérie de Port au Prince, le nombre précis de victimes reste inconnu. Plus de 100 enfants seraient morts dans l'effondrement de leur école.

Les condoléances ont afflué du monde entier. En revanche, pas un mot, pas une ligne sur les causes réelles de ce drame.

Haïti est le pays le plus pauvre du continent sud-américain. Ancienne colonie française devenue indépendante en 1804, Haïti demeure un pays "oublié" par la communauté internationale.

La pauvreté, l'insécurité et la santé sont les trois principaux problèmes sur l'île. L'héritage politique d'Haïti est en grande partie responsable de la situation actuelle.

Après quelques 30 années passées à la tête de la République d'Haïti, Papa Doc et son fils Baby Doc ont laissé ce pays dans une situation désastreuse. Haïti a été durant ces années l'une des plus sévères dictatures de la planète.

Les différents coups d'Etat survenus après la fuite en France de Bébé Doc, chassé du pouvoir par une insurrection populaire en février 1986, n'y changeront rien. Haïti n'arrive pas à sortir la tête de l'eau.

L'immense espoir suscité par l'élection en 1990 et 2001 à la tête du pays de Jean-Bertrand Aristide restera déçu. Jean-Bertrand Aristide ne pourra jamais terminer ses mandats, chassé à 2 reprises du pouvoir dans d'obscures circonstances.

Aujourd'hui, l'actuel Président René Préval doit gérer un pays en crise. Suite aux récentes émeutes de la faim en Haïti, le Premier Ministre Jacques-Edouard Alexis a été démis de ses fonctions par une motion de censure du Sénat.

L'aide internationale reste dérisoire par rapport aux besoins réels de ce pays. Les ONG demeurent insuffisantes.

La France a été en capacité d'offrir plusieurs centaines de millions d'euros aux très riches banques qui pillent quotidiennement des millions de Français à coup d'agios et de frais en tout genre. En parallèle, il aurait probablement suffit de quelques milliers d'euros pour diagnostiquer la faiblesse de l'architecture de cette école et consolider le bâtiment ce qui aurait permis de sauver la vie de dizaines d'enfants.

Tout est une question de volonté politique. Mais force est de constater que le changement, le vrai, celui qui vise à une politique plus juste en matière de partage des richesses et du respect des libertés publiques et individuelles n'est pas encore venu.

La population haïtienne ne pourra pas espérer de réelles améliorations sans une aide extérieure massive et désintéressée. Puisse la communauté internationale prendre conscience de la souffrance des 9 millions d'habitants de ce pays.