A qui le tour ?
Ces deux épreuves sportives mythiques ont du plomb dans l'aile et le crash semble bien être inévitable.
Que dire d'un Paris - Dakar qui éviterait les pistes du Maroc, de la Mauritanie, du Mali, du Burkina Faso, du Sénégal et qui au lieu de longer les rives du Niger, longerait celles de l'Amazone ?
Une course automobile en Amérique du Sud serait sans nul doute une belle compétition mais ça ne serait en aucun cas le Paris - Dakar.
Où retrouvera-t-on la terre rouge et poussiéreuse d'Afrique ? Où croisera-t-on ces peuples sortis du milieu du désert aussi pauvres qu'accueillants, riches de leur culture et de leurs traditions ancestrales, peuples dont l'hospitalité, le partage et la générosité sont un mode de vie ?
Où seront les enfants et le grand-père assis au pied du Baobab entourés par cette faune et cette flore si propre à l'Afrique ? A Sao Polo, à Bogota, à La Paz, à Santiago ou à Buenos Aeres ? Non c'est à Bobo Dioulasso qu'ils sont !
Existe-t-il une ressemblance entre la baie de Rio et le Lac Rose ?
Alors certes, organiser une course en Amérique du Sud pourquoi pas, mais arrêtons de faire injure au Paris - Dakar, au vrai, en voulant le détourner de son objet.
Et quand à Bernard Hinault, Miguel Indurain ou bien encore ce sacré pirate de Marco Pantani n'ont-ils pas été de véritables génies dans leur passion du vélo ?
La prévention contre le risque terroriste est nécessaire. La lutte contre le dopage est saine.
Mais le risque terroriste est-il si élevé qu'il justifie l'arrêt définitif du Paris - Dakar ?
Ne pouvait-on pas protéger cette compétition ?
Pourquoi ne contrôle-t-on pas les coureurs tout au long de l'année avant le départ du Tour de France?
Pourquoi y a-t-il des contrôles anti-dopage uniquement dans le cyclisme et pas ou peu dans les autres sports ?
Dans une société où la drogue est partout et où la majorité consomme a-t-on le droit de s'insurger de la sorte contre le dopage ? Doit-on s'en étonner ?
Laver plus blanc que blanc dans le cyclisme c'est bien, mais ailleurs ?
Le Tour de France et le Paris - Dakar sont des épreuves sportives qui brassent beaucoup moins d'argent que les J.O., le football ou encore le tennis ce qui pourrait expliquer qu'on prenne beaucoup moins de "gants" pour plomber ces épreuves.
A quand du dopage sur le Mondial la Marseillaise à pétanque ? Attention le pastis pourrait bien prochainement être classé dans les substances vénéneuses !
Force est de constater que la disparition progressive de ces compétitions sportives "alternatives" oblige le téléspectateur à se "rabattre" sur ce qu'il reste (foot, tennis, J.O.) et encore il semble que les J.O. commencent à être eux aussi sérieusement menacés servant de plus en plus de tribune politique à l'un et à l'autre au détriment du sport, du vrai.
C'est aux sportifs et au public de décider de ce qu'ils veulent pour demain et c'est l'avenir qui tranchera mais attention aux manipulations des grands sponsors qui à coup de millions d'euros peuvent faire inverser la tendance à tout moment.