" ERETZ-ISRAEL est le lieu où naquit le peuple juif. C'est là que se forma son caractère spirituel, religieux et national. C'est là qu'il réalisa son indépendance, créa une culture d'une portée à la fois nationale et universelle et fit don de la Bible au monde entier. " (Extrait de la Déclaration d'Indépendance d'Israël, 1948).
Le 14 mai 1948, Israël proclame son indépendance par la voix de David Ben-Gourion.
Depuis 60 ans maintenant, Israël doit lutter pour survivre dans un monde en perpétuel changement.
La première guerre israélo-arabe éclate immédiatement après la Déclaration d'Indépendance.
Les armées égyptienne, transjordanienne, syrienne, libanaise et irakienne se joignent aux groupes armés palestiniens qui combattent les Juifs depuis novembre 1947.
Israël gagne la guerre. Les pays arabes, humiliés par leur défaite, ne reconnaissent pas le droit à l’existence du nouvel État.
Après la crise de Suez, le nationalisme arabe s’exacerbe et les appels à la revanche se multiplient. Un commandement arabe unifié est formé et des troupes sont envoyées le long des frontières avec Israël.
En 1964 est créée l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), dirigée depuis 1969 par Yasser Arafat. Les accrochages se font de plus en plus fréquents entre forces israéliennes et forces arabes.
Le 5 juin 1967, après la fermeture du détroit de Tiran par Nasser, Israël lance une offensive simultanée contre l’Égypte, la Jordanie et la Syrie.
La guerre des six-jours permet à Israël de conquérir Gaza et la péninsule égyptienne du Sinaï, Jérusalem-Est et la Cisjordanie, ainsi que le plateau du Golan. Environ 350 000 Palestiniens fuient ces territoires dont l’occupation est condamnée par l’ONU.
En réaction à l’expansion israélienne, des commandos de l’OLP lancent des attaques terroristes sur des écoles, des marchés, des arrêts de bus et des aéroports israéliens. Aux jeux Olympiques d’été de Munich, en 1972, des terroristes palestiniens assassinent onze athlètes israéliens.
L’Organisation réussit cependant à gagner un soutien international suffisant pour être reconnue par les Nations unies comme le « représentant unique et légitime du peuple palestinien ».
Les représailles israéliennes, marquées par la destruction de maisons, voire de villages arabes, dans les territoires occupés et par un raid sur l’aéroport de Beyrouth en 1968, accroissent l’isolement international d’Israël.
Quant à la France, elle continue à imposer, comme elle le fait depuis la guerre des Six Jours, un embargo sur les armes à destination de l’État hébreu, fournissant en revanche des armements aux pays arabes. Seuls les États-Unis maintiennent leur soutien à Israël.
Le 6 octobre 1973, jour du Yom Kippour, l’Égypte et la Syrie déclenchent une guerre contre Israël pour récupérer les territoires perdus en 1967. Au terme de trois semaines de combats, les forces israéliennes parviennent à refouler leurs adversaires non sans avoir subi de lourdes pertes.
Les Arabes gagnent le soutien de l’Union soviétique et des démocraties populaires qui rompent leurs relations diplomatiques avec Israël. Les pays arabes producteurs de pétrole arrêtent leurs exportations vers les États-Unis et certains pays européens pour protester contre l’aide apportée à Israël, contribuant ainsi au déclenchement d’une crise économique en Occident.
Sous l’égide du secrétaire d’État américain Henry Kissinger, un accord est négocié entre, d’une part, Israël, et, d’autre part, l’Égypte et la Syrie, auxquelles sont restituées une partie du Sinaï et une partie du Golan.
Le coût humain, diplomatique et économique de la guerre du Kippour provoque une grave crise en Israël.
Golda Meir, qui a succédé à Eshkol en 1969, est contrainte à la démission en avril 1974. Yitzhak Rabin prend la tête d’un nouveau gouvernement.
Rabin, cependant, ne parvient ni à juguler l’inflation ni à empêcher la récession de l’économie, affectée par les dépenses de défense de plus en plus importantes et par le renchérissement du pétrole. Un scandale financier, dans lequel son nom est cité, ainsi que celui d’autres dirigeants travaillistes, fait perdre davantage de crédit au Parti travailliste, lequel est battu aux élections législatives de 1977.
Le nouveau Premier ministre est Menahem Begin, chef du Likoud. Une coalition est alors formée à la Knesset en 1973 par la droite nationaliste opposée à toute concession territoriale.
Begin est cependant le premier dirigeant israélien à conclure des accords de paix avec un État arabe. L’initiative, inattendue, vient du président égyptien Anouar al-Sadate qui se rend à Jérusalem en novembre 1977 et prononce un discours à la Knesset dans lequel il invite Begin à négocier.
Après de longues tractations à Camp David, dans le Maryland, sous l’égide du président américain Jimmy Carter, l’Égypte et Israël signent un traité de paix à Washington, le 26 mars 1979.
Israël s’engage à restituer le Sinaï à l’Égypte, ce qui est fait en avril 1982. La question de la souveraineté sur les territoires palestiniens occupés, où s’étendent les colonies juives, demeure en suspens et les pays arabes, condamnant l’initiative égyptienne, ne désarment pas contre Israël.
En juin 1982, les troupes israéliennes envahissent le Liban pour mettre un terme à la présence de l’OLP dans ce pays.
Vers la mi-août, après deux mois de combats intensifs dans Beyrouth-Ouest, l’OLP, assiégée, accepte d’évacuer ses combattants de la capitale libanaise. Les troupes israéliennes demeurent toutefois stationnées au Sud-Liban, où est instaurée une « zone tampon » à la frontière. Le coût de la guerre et de l’occupation qu’elle entraîne porte un coup décisif à l’économie israélienne.
La polémique sur le rôle joué par les troupes israéliennes dans les massacres des camps de réfugiés palestiniens de Sabra et Chatila incite Begin à se retirer de la vie politique en 1983.
En décembre 1987, une révolte générale embrase les territoires palestiniens occupés. C'est la 1ère Intifada.
En 1993, des négociations secrètes entre Israéliens et Palestiniens ont lieu en Norvège. Elles aboutissent, en septembre, à la signature à Washington d’un accord de reconnaissance mutuelle entre le Premier ministre Rabin et le président de l’OLP Yasser Arafat et d’une déclaration de principes sur l’autonomie des territoires occupés.
L’assassinat du Premier ministre Rabin, en novembre 1995, par un fanatique juif l’accusant de trahison, démontre la fragilité du processus de paix, également menacé par les terroristes islamistes du Hamas et du Hezbollah.
Le 28 septembre 2000, la visite d’Ariel Sharon sur l’Esplanade des mosquées à Jérusalem, perçue comme une provocation par les Palestiniens, entraîne les plus violents affrontements que la région ait connus depuis le début du processus de paix d’Oslo en 1993, c'est la seconde Intifada.
La tension s’étend rapidement à Gaza et à la Cisjordanie tandis que les tentatives de conciliation entreprises par Bill Clinton, notamment lors des discussions à Camp David II en juillet 2000, ne débouchent sur aucun résultat concret.
En riposte aux violences et aux attentats, l’armée israélienne boucle les villes palestiniennes, déploie ses blindés, ses hélicoptères de combat et sa marine.
L’annonce, en novembre 2003, par Ariel Sharon, d’un projet d’évacuation des colonies israéliennes implantées dans la bande de Gaza, dans le cadre d’un « plan de séparation unilatérale » entre Israël et les Palestiniens, provoque un tollé parmi les ultras du Likoud et ses alliés de l’extrême droite.
Ariel Sharon obtient le soutien du Parti travailliste pour la réalisation de ce plan et met en place, en janvier 2005, un nouveau gouvernement d’union nationale. Cette union s’inscrit dans un contexte marqué par la mort, en novembre 2004, de Yasser Arafat.
Moins d’un an après le retrait israélien de la bande de Gaza, Israël, qui continue d’essuyer des tirs de roquettes palestiniennes, lance le 28 juin 2006 l’opération « Pluie d’été » contre Gaza, à la suite de la capture d’un de ses soldats par un commando palestinien exigeant la libération de 1 000 prisonniers arabes détenus en Israël. Cette opération, qui s’accompagne de l’arrestation de dizaines de cadres du Hamas, entraîne la destruction de nombreuses infrastructures dans les Territoires palestiniens.
Parallèlement, en riposte à la capture de deux soldats israéliens à la frontière israélo-libanaise et à la mort de huit autres, Tsahal déclenche le 12 juillet une offensive contre la formation politico-militaire du Hezbollah afin d’éradiquer ses positions dans le sud du Liban. Tandis que la campagne de bombardements israéliens vise à imposer un blocus au Liban, Israël doit faire face à la capacité de résistance du Hezbollah, qui parvient à bombarder plusieurs localités du nord du pays.
À l’issue d’un mois d’affrontements, le gouvernement israélien approuve la résolution 1701 du Conseil de sécurité fixant un cessez-le-feu le 14 août. Déplorant la mort de 159 Israéliens (dont 116 soldats), il doit faire face aux critiques portant sur les erreurs et les échecs de sa stratégie militaire alors que le conflit s’achève sans véritable vainqueur.
Outre les retombées d’une guerre entamant largement la crédibilité des dirigeants auprès de l’opinion, la vie politique israélienne est marquée dans les mois qui suivent par les accusations de viol et de harcèlement sexuel portées contre le président de l’État d’Israël Moshe Katsav, suspendu de ses fonctions en janvier 2007.
À l’expiration de son mandat, au mois de juillet suivant, Shimon Peres lui succède à ce poste essentiellement protocolaire.