samedi 12 janvier 2008

Libération de Clara Rojas et Consuelo Gonzalez

« La prise d'otages est un crime contre l'humanité pour Clara Rojas, une violation totale de la dignité humaine ». Consuelo Gonzalez, ex- parlementaire colombienne, relâchée en même temps qu'elle, porte également un jugement sévère sur les FARC. « Le seul fait de priver quelqu'un de sa liberté peut être considéré comme une espèce de torture ».

Quant aux militaires et policiers, "ils vivaient enchaînés toute la journée (...) une chaîne au cou", se lavant, mangeant, faisant la lessive enchaînés, leurs chaînes ensuite attachées à un poteau pendant la nuit, raconte Consuelo Gonzalez.

Dans ces camps des FARC, il n'y a "aucune possibilité de soins médicaux. S'il se présente une maladie compliquée il n'y a rien à faire", il y a juste un guérillero "infirmier". Si les FARC ont les médicaments qu'il faut pour le paludisme et la leishmaniose -maladie causée par la piqûre d'un insecte-, pas d'autre traitement possible, et tous les otages ont des problèmes de santé, explique-t-elle.

Interrogée sur la demande du président vénézuélien Hugo Chavez de retirer la guérilla colombienne de la liste des organisations terroristes, Consuelo Gonzalez a estimé que « toute action permettant d'avancer dans la recherche de la paix et de l'échange humanitaire était valable ».

Hugo Chavez qui a négocié la libération de ces deux otages des Farc affirme que les rebelles marxistes ne sont pas des terroristes. Au lendemain du retour à Caracas de Clara Rojas et Consuelo Gonzales, le président Chavez a invité la communauté internationale à cesser de parler de terroristes : "Les Farc et l'Armée de Libération Nationale sont des armées, pas des groupes terroristes, des armées, de véritables armées qui occupent l'espace en Colombie".

Un discours insupportable pour la Colombie. Cette demande de réhabilitation, une des principales exigences des Farc, est qualifiée de "complètement insensée", selon un porte-parole du président Uribe . "Les groupes violents de Colombie sont des groupes terroristes, car ils n'ont créé qu'exodes, souffrances, chômage et pauvreté."

Fondé dans les années 60 comme bras armé du Parti Communiste colombien, les Farc se considèrent toujours marxistes mais selon des observateurs, le combat politique a laissé place à des activités criminelles, comme la prise d'otage ou le trafic de drogue.

Les FARC se définissent comme un groupe marxiste-léniniste. Ils affirment représenter les pauvres du monde rural contre les classes riches de la Colombie et s'opposent à l'influence des États-Unis en Colombie, à la privatisation de l'exploitation des ressources naturelles, aux multinationales et aux groupes paramilitaires d'extrême droite. Ils se financent à l'aide d'une multitude d'activités incluant la prise d'otages, l'extorsion, le détournement et la participation directe ou indirecte au marché de la drogue. Cette drogue est en partie vendue aux États-Unis.

Si la cause défendue par les FARC peut paraître noble, les méthodes employées par les guérilleros doivent être condamnées avec la plus grande fermeté.

Quelque soit les objectifs poursuivis, rien ne peut justifier de priver des femmes et des hommes de leur liberté.

On ne peut agir au nom de la liberté et mener dans un même temps des actions liberticides.

Réhabiliter les FARC et l'Armée de Libération Nationale ne doit pas être envisagé tant que celles-ci ne libèrent pas tous les otages détenus et ne renoncent pas au terrorisme. Faire autrement serait pure folie.